Une boucle champêtre où l’eau et la pierre racontent l’histoire du pays. Depuis La Grève, le chemin serpente entre hameaux et vallons avant de plonger dans la forêt domaniale du Bocage vendéen, canton du Détroit.
La ZONE à découvrir : la Fontaine Moreau, l’une des trois sources de la rivière de l’Yon. C’est ici que tout commence — un mince filet d’eau qui, au fil de 60 km, deviendra la rivière emblématique de la Vendée. Le site, aménagé par l’ONF, dévoile une mare pédagogique où la nature reprend peu à peu ses droits.
Plus loin, le château de La Grève veille sur la vallée. Ancienne forteresse médiévale, il rappelle la puissance passée des seigneurs du Poitou, dominant jadis les marais alentour.
Entre bocage, forêt et mémoire des lieux, cette randonnée se savoure au rythme calme de la campagne vendéenne. Une parenthèse simple et authentique, à faire en toute saison.
La Fontaine Moreau, source de l’Yon Au creux d’un sous-bois du Bocage vendéen, près de Saint-Martin-des-Noyers, naît une rivière discrète : l’Yon. À la Fontaine Moreau, une simple mare illustre ce commencement. Trois sources jaillissent ici, dont celle-ci, qui alimente le ruisseau avant qu’il ne traverse La Roche-sur-Yon et finisse sa course à L’Aiguillon-sur-Mer. Un panneau de l’ONF rappelle que ce lieu a été aménagé pour montrer l’évolution naturelle d’une mare : d’abord nue, puis envahie de joncs et de nénuphars, avant que la végétation n’enserre l’eau et la transforme en clairière humide. C’est un endroit silencieux, presque méditatif, où l’on peut littéralement voir la vie naître — l’eau, les libellules, les mousses et le temps qui s’installe.
💡 Conseil Zone85 : approchez-vous doucement du plan d’eau. Écoutez. Le filet d’eau à vos pieds est la première respiration d’une rivière qui parcourra tout un territoire. Un moment à ne pas précipiter.
Le château de La Grève Sur le territoire partagé entre La Ferrière et Saint-Martin-des-Noyers, le château de La Grève se dresse à l’angle d’un triangle stratégique, face à ses « sœurs » forteresses des Essarts, de la Chaize-le-Vicomte et de Bournezeau.
Dès la fin du XIᵉ siècle, le site est évoqué : Agnès, dame de La Grève, y est mentionnée. Il devient alors fief des Chabot pendant plus de trois siècles. En 1429, Thibault X de Chabot (seigneur de La Grève et allié du roi Charles VII) trouve la mort à la bataille de Patay.
Vers 1446, une transition : la baronnie passe aux De Chastillon, et le château est reconstruit selon un style pré-Renaissance, bien qu’il y ait des vestiges antérieurs (remparts, courtine, petite tour) datant des XIIᵉ/XIIIᵉ siècles. En fouilles récentes (2024), des ruines du logis seigneurial ancien ont été mises en lumière près du château actuel, alimentant de nouvelles interrogations.
Pendant les guerres de religion, le château change de mains entre catholiques et protestants. En 1599, il est vendu à Pierre Durcot, seigneur protestant proche d’Henri IV, qui en assure un réaménagement. Au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, sa fonction militaire décline ; il perd progressivement son statut de résidence seigneuriale et certaines parties sont démantelées.
Au XIXᵉ siècle (1802 +), la propriété est acquise par la famille Batiot, et le site devient exploitation agricole jusqu’au milieu du XXᵉ siècle. En 1984, le château est inscrit aux Monuments Historiques — dès lors, des travaux de restauration de la toiture et de remise en eau de l’étang sont engagés.
Mais le temps n’a pas été tendre : en 2020, pour des raisons de sécurité, le domaine (château et communs) est fermé au public. Il est vendu cette même année, puis racheté en 2021 par un passionné du patrimoine, qui enclenche des opérations d’urgence (consolidation, diagnostic, sauvegarde) en collaboration avec les institutions (UDAP, DRAC, ABF).
Certains bâtiments sont déjà perdus ou fragilisés : murs abattus, structures effondrées, remparts mutilés, bâtiments de la haute-cour disparus. L’un des « communs » — le logis des soldats — est classé comme priorité de restauration dans le cadre de la mission patrimoine 2023.
💡 Conseil Zone85 : quand vous approchez du château, essayez de repérer les restes de courtine, les vestiges des remparts ou les ruines partiellement effondrées — ce sont les reliques d’un passé stratégique et multiple. Imaginez les épisodes — les guerres de religion, les reconstructions, les usages agricoles — comme autant de couches visibles dans les pierres.
Clic clac un petit selfie devant ce magnifique vestige des temps anciens afin de remporter les 25 points...
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