Qui est cette mystérieuse Yvi ?

Yvi c’est l’histoire d’une femme née aux environs de -80 avant Jésus-Christ. Une femme de caractère comme le sont les vendéennes et dont les actes allaient façonner cette façon de penser, propre à l’esprit vendéen. Son clan s’est posé depuis désormais de nombreuses décennies sur les flancs du Golfe des pictons, notre marais poitevin actuel. Ce village longe une rivière qui allait plus tard donner son nom à notre département, la Vendée !

Vous pouvez encore aujourd’hui vous y promener et profiter des charmes des environs en parcourant un chemin pédestre, ce village, c’est Gué de Velluire.

La Légende des vendéens extraordinaires

Yvi, un prénom pour une petite fille celte, qui passe son temps en forêt, cachée dans les ifs, arbustes et buissons, prête à bondir avec sa louve sur des assaillants imaginaires. Une petite fille celte qui demande parfois de l’aide aux Colosses de pierre pour braver ses peurs. Une petite fille qui aime grimper aux arbres pour mieux comprendre ce monde d’adulte … Yvi, volontaire, têtue et passionnée, qui a à coeur de faire de ses frères de clan une grande famille de coeur.

Perchée sur la cime d’un arbre, les cheveux au vent, le regard perdu dans les reflets du soleil couchant, elle contemple son clan. Elle vient d’avoir 20 ans. Ne vous fiez pas à son visage angélique, c’est désormais une combattante, les peintures qui griffent son visage et son corps en sont les témoins. Malgré son jeune âge c’est un personnage reconnue et respectée au sein de son clan, une guerrière déterminée et volontaire qui s’est fait un nom par la Force et le Fer !

Elle pose son regard protecteur sur son village et y voit son quotidien, rythmé par la dureté d’une vie d’efforts, de labeurs et bien souvent de violences entre les Clans… La présence romaine est omniprésente et entretient la méfiance et les conflits entre les clans pour diriger plus facilement. Elle se prend alors à rêver à un monde plus paisible, enclin à de belles promesses et de belles valeurs… son esprit s’évade, son esprit bouillonne et bouscule les codes de son époque… Yvi se sait forte, elle, elle peut y arriver, elle construira son rêve, ce qu’elle a vu aujourd’hui dans ses pensées, ce qui deviendra sa façon de penser, son état d’esprit, l’Esprit d’Yvi….

Yvi, une légende vendéenne

Sa vie sera consacrée à rassembler et unir les différentes tribus composant notre département, principalement les Algésinates, les Ambilâtres et les Anagnutes. Elle participera à la grande bataille contre les Vénêtes ( Bretons de Vannes ) et prendra part à la bataille d’Alésia au côté de Vercingétorix ou elle perdra la vie.

Son corps est alors ramené en terre picte, au bord de la Vendée, au Gué de Velluire, là où Yvi grandit.
Il est tôt le matin, l’ambiance est calme, pas un bruit, la brume court sur la rivière laissant apercevoir avec peine la rive opposée.

Le druide Fearghal prit l’épée courte d’Yvi en main, cette épée qui avait vu temps de contrées et de batailles. Cette épée dont le pommeau de bronze allié à une lame de fer, forgée par son père, témoignait des âges passés, des traditions et du savoir faire celte. Cette épée qu’elle brandissait à hauteur du visage avec fierté et courage quand l’instant le demandait. Cette épée marquait alors son visage d’un Y, symbole d’un prénom fort qu’elle aimait alors reprendre en peinture de guerre.

Fearghal, après quelques incantations, se plaça en direction de la rivière. L’instant était lourd et chargé d’émotion. C’est la première fois que les guerriers virent des larmes couler sur ses joues. Lui, le représentant de la justice et du culte, l’intermédiaire entre les Dieux et les Hommes, lui que le savoir et la connaissance devaient rendre inflexible, fort comme un chêne, à ce moment-là, l’officiel s’est effacé et c’est en ami qu’il jeta alors l’ épée d’ Yvi au fond de la Vendée.

Une offrande aux Dieux avec ce souhait qu’Yvi rayonne et protège cette Vendée à jamais, comme elle l’avait toujours fait.

C’est cet instant que choisi la Louve d’Yvi, Caïlin,  pour faire son apparition au milieu de la brume, sur la rive opposée… sa blancheur devint bien plus forte, presque aveuglante obligeant les hommes à baisser le regard. Elle était belle, fière et droite comme l’était Yvi… Quand la lumière s’estompa et qu’ils purent relever à nouveau le visage, ils virent avec stupéfaction non plus la louve, mais une dame blanche. Elle était belle, divine, lumineuse, presque transparente… Une main posée sur le coeur, elle salua les gardiens et sa présence bienveillante finie par s’évanouir dans le brume… Yvi s’en est allée…

Si un jour, au gré d’une promenade, au détour d’un dolmen, d’un menhir, ou d’un oeuf de serpent géant, si un jour une dame blanche vous apparait… n’ayez pas peur, faites lui votre plus beau sourire et montrez lui votre coeur dans un salut respectueux…

« Je suis Yvi, fille de chef de guerre picte, provoque-moi

et mon visage sera le dernier que tu puisses voir avant Teutates ! »