La Vendée pardonne, mais n’oublie pas….

1er octobre 1793, il y a 225 ans…c’est loin, très loin de nous direz-vous… et pourtant, dans chaque coeur vendéen, dans chaque famille, dans chaque maison, dans chaque village, dans chaque commune, le souvenir reste présent.

1er octobre 1793, une date qui s’oublie très certainement, mais une date qui laissera une plaie béante dans le coeur des brigands par les conséquences d’une seconde loi écrite ce jour-là.

La loi du 1er octobre 1793, aussi appelée loi d’extermination, est votée par la Convention nationale pendant la période dite de la « Terreur » durant la Révolution française. Déçus des résultats obtenus par l’application d’une première loi génocidaire le 1er août 1793, loi de déportation et de destruction totale par le feu et par le fer, jugée peu efficace.

Un seul et unique but, détruire la Vendée pour régler tous les maux de la France !

Extermination aux Lucs sur Boulogne

Les mots parlent d’eux-mêmes : « Soldats de la Liberté. Il faut que les brigands de la Vendée soient exterminés avant la fin du mois d’octobre : Le salut de la patrie l’exige ; l’impatience du peuple français le commande ».
Par « Brigands » s’entend tous les habitants résidents de Vendée, Bleus et Blancs confondus, et qu’il faut de préférence éliminer les femmes, « sillons reproducteurs », et les enfants, « futurs brigands ».

Ainsi, on décide de détruire un peuple n’ont pas pour leur appartenance religieuse ou politique, mais bel et bien pour ce qu’ils sont… une extermination, une dépopulation appliquée avec ferveur et determination. Des moyens d’extermination proto-industriels mis en œuvre par les Républicains pour économiser les minutions et instaurer la terreur (source wikipédia) :

  • Aux Ponts-de-Cé des sacs sont réalisés en peau d’homme ou de femme, des pantalons de gendarmes sont confectionnés en peau humaine
  • Les fours à pain sont utilisés pour brûler vifs les villageois, aux Lucs-sur-Boulogne la crémation a lieu dans l’église
  • Des camps d’extermination sont établis à Noirmoutier
  • Des essais de gazage infructueux sont réalisés par le chimiste-député Antoine-François Fourcroy, puis par le pharmacien Joseph Louis Proust qui a mis au point un dispositif utilisant une boule de cuir
  • Des bateaux sont coulés dans la Loire ce sont les « noyades des galiotes », les « mariages républicains » consistent à dévêtir puis à lier par couple hommes et femmes avant de les noyer à Nantes
  • A Clisson la graisse est extraite par carbonisation des villageois, elle est utilisée pour faire du savon.
Guerres de Vendée

( source image : Guerres et Histoires n°42 )

 

Une Vendée dite « militaire » ravagée par les colonnes infernales de Turreau. « J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-ci, n’enfanteront plus de brigands. J’ai tout exterminé. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant qu’en plusieurs points, ils font des pyramides », s’enorgueillit alors le sinistre général Westermann.

Au sortir de cette terreur, loin d’un esprit de vengeance, les vendéens en ont fait une force. Ils ont compris qu’il n’y avait rien à attendre de Paris et qu’ils allaient devoir se retrousser les manches, unis, condamné à réussir.

L’ esprit de vengeance a laissé place à l’esprit vendéen….cet esprit même que l’Etat souligne de nos jours à travers le miracle économique vendéen en cherchant à élucider les origines de cet invraisemblable dynamisme entrepreneurial.

Combattant vendéen

Alors en Zone85 nous remercions toutes les personnes qui oeuvrent au souvenir par le biais de conférences, de dépôt de plaques commémoratives, nous ne changerons pas les programmes des cours d’Histoire en y ajoutant une page douloureuse, mais les Guerres de Vendée sont dans notre ADN et nous voulions, à notre façon, avec nos moyens, apporter notre témoignage .

La légende des vendéens extraordinaires créée par Zone85 en est le ciment. Ces trois éditions ludiques qui prennent place sous forme d’un jeu digital en 2018, 2019 et 2020 seront aussi prétexte pour nous, à expliquer la naissance de l’Esprit vendéen.

Zone85 proposera ainsi trois livres illustrés pour découvrir ou redécouvrir cette Vendée. Car si la Vendée pardonne, elle n’oublie pas…

Décembre 2018 : Yvi, la légende des Gardiens
Décembre 2019 : A l’ombre des pierres
Décembre 2020 : Le sourire des Brigands

« Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! » J’entends encore les soldats le beugler à tue-tête, la main sur le cœur, ce chant patriote. Et c’étaient nous, pauvres gens du Bocage, qui étions ce « sang impur » désigné par la République, ce sang qui allait abreuver leurs sillons…

Mémoires de guerre d’un paysan vendéen / Jean-Yves Bouchaud