Aléïde

la légende CONTINUE, AVEC VOUS…

Les invasions vikings ont changé l’aspect de cette contrée vendéenne et désormais des fortifications fleurissent un peu partout. Nous sommes en 1182 en pleine période féodale. Nous voici désormais propulsés au cœur d’une forêt dense et giboyeuse…

À bout de souffle, Aléïde essaie de semer ses poursuivants dans cette immense forêt protégeant son butin bien calé contre elle. Mais comment échapper à des hommes chevauchant de puissantes montures quand on est une petite fille d’à peine douze ans ?! La fuite prend fin rapidement lorsque ses pieds décollent du sol, soulevé de terre par l’un des colosses qui la saisit aussi facilement qu’un simple fagot de bois.
Le groupe s’arrête et met un pied-à-terre. L’enfant se défait de cette poigne de fer et fait front, cachant sa prise dans ses guenilles lui servant d’habits.
L’homme prend alors la parole, c’est un géant lui aussi, sûrement pas très loin des deux mètres et un corps d’athlète taillé pour le combat.

“Qui es-tu petite sotte ? Sais-tu qu’il est interdit de chasser dans ces bois, j’ai déjà fort à faire entre l’abbé Brient et le seigneur Raoul III de Mauléon quant aux droits de celle-ci, sans qu’une petite gamine comme toi ne s’en mêle et vienne braconner en ces lieux !

L’enfant ne se démonte pas et fait face avec arrogance, voir insolence :
“Je ne suis pas une gamine, je suis Aléïde et je ne braconne pas sur ces terres, je ne suis pas une mendiante !

Surpris par tant d’aplomb et amusé aussi, l’homme continue son enquête qui pour lui est plus prétexte au divertissement qu’à un réel acte de justice et de droit :
“Que caches-tu alors si ce n’est un gibier que tu viens de voler ?

Aléïde sait qu’elle n’a pas le choix, qu’il lui faut tout dire ou peut-être mourir. La compassion n’est pas une qualité très reconnue en ces temps reculés.
“ C’est un bracelet, un héritage, un témoignage et j’en suis la gardienne depuis que mes parents sont morts, emportés par la maladie dit l’enfant en dévoilant devant leurs yeux le bracelet.

L’Homme est intrigué par le contraste de ce bijou de belle facture et la pauvreté de cette gamine sans attache, il veut en apprendre plus :
“Raconte-moi cette histoire, moi et mes compagnons pouvons couper court à notre chasse et la curiosité me pique”….
Aléïde, comme si sa vie en dépendait, mis tout son cœur à raconter l’histoire de ce bracelet, l’histoire de cette jeune guerrière celte Yvi, l’existence des gardiens, protecteurs des valeurs de l’esprit d’Yvi
L’homme resta bouche-bée devant cette enfant de douze ans, son histoire, sa fierté, son courage à faire front à un groupe armé. Comment une gamine aussi jeune pouvait vous faire mettre genou à terre, avec des valeurs défendues aussi fortes que le code de la Chevalerie. Une gamine de douze ans, Aléïde, qui à ses yeux, mériterait d’être adoubée bien plus que certains poltrons qu’il connaissait bien !

L’Homme remonta sur son cheval, le soleil reflétait les fils d’or d’un fauve brodé sur sa longue cape rouge. Il lui tendit la main et lui dit :

“ Petite, tu es la gardienne d’un bien bel objet et de bien belles valeurs. Pour que ta quête soit une réussite, il te faut un lieu de protection digne de ce nom. Viens, prends ma main et rentrons ensemble. Moi, Richard, tu as percé mon coeur de lion et je t’offre ma protection.